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5 juillet 2010 1 05 /07 /juillet /2010 12:19

Les Djinns (ou Jinn) sont des créatures invisibles, pouvant prendre différentes formes,  ils ont une aptitude d'influence spirituelle et mentale sur les humains, de même qu’une capacité à pouvoir prendre possession du corps.



Durant la guerre d’Algérie, une troupe française est envoyée à la recherche d’un avion disparu alors qu’il survolait le désert. Une fois l’épave localisée et trouvée, les soldats s’aperçoivent qu’aucun passager n’a survécu au crash mais ils y récupèrent une mallette au contenu classé Top Secret.  Peu après, ils subissent une attaque de soldats ennemis puis ils doivent affronter une terrible tempête de sable. Quelques peu déboussolés et après voir perdu 2 hommes, l’un durant la confrontation avec les soldats algériens, l’autre durant la nuit qui succéda à la tempête, le groupe de Français se refugie dans une citadelle abandonnée.



De nos jours, il faut-être courageux pour produire en France autre-chose que de la comédie familiale, seul genre, semble-t-il, à attirer les foules dans les salles obscures. Jusqu’ici les succès français  de types films d’horreur, fantastique, S-F,  se sont vus à la fois mal distribués et parfois même quasiment boycottés. À la décharge de ceux qui boudent ce type de productions françaises ; jusqu’ici soit les films étaient trop glauques et saignants  pour satisfaire un large public (Martyrs)  soit ils étaient d’une qualité très discutable (Humains). Seul Vertige, sorti récemment, réunissait les critères de film grand public et de qualité. Hors,
Djinns, qui sortira le 11 aout dans nos salles de cinéma, change la donne actuelle en s’affichant dans cette optique qui est de proposer au public du cinéma de genre plus accessible tout en étant de qualité.


Comme Guillermo Del Toro avec Le Labyrinthe de Pan, ou encore La tranchée de Michael J. Bassett, les réalisateurs et scénaristes (Sandra et Hugues Martin ) vont se servir de l’Histoire et de la dureté de celle-ci  pour introduire une part de surnaturel et d’aventure dans leur film. En prenant connaissance de son budget (autour de 2 millions d’Euros), on prend conscience que le scénario fait preuve d’une énorme ambition, presque du jamais vu dans le cinéma français de genre. Dépassant les traditionnels cadres du slasher, du drame horrifique et des films de Zombies, il s’insère dans un contexte mélangeant des catégories exigeant en principe  de plus gros moyens financiers tel que le film de guerre, le film d’aventures ou le film fantastique.  Pourtant à aucun moment le film ne paraît « cheap », les décors sont superbes, l’environnement est immense et les effets spéciaux sont d’une qualité quasiment jamais vue sur un film français. C’est donc une véritable prouesse qu’ont réalisée Sandra et Hugues Martin. Si le fantastique n’est pas prédominant, il est traité avec un très grand soin. Que ce soit de manière directe ou indirecte comme les moments de schizophrénie vécue par le groupe, ou tout simplement dans les échanges de dialogues entre le personnage de Michel (interprété par Grégoire Leprince-Ringuet) et celui de la gardienne de la citadelle.

La première des astuces pour contrer le problème budgétaire se situe dans le choix du lieu de tournage : le Maroc. D'un côté, il y a le dépaysement, d’un autre de vaste étendues désertiques puis, enfin, il y a le village d’Aït Mouloud, lieu génial pour offrit à la fois un cadre cloisonné tout en lui apportant une large dimension de par son ouverture sur l’extérieur et ses rues dégagées. On pourrait aisément l’assimiler à une sorte de Fort Alamo… excepté qu’ici ce n’est pas un endroit qui doit être protégé mais une mallette et que le danger peut surgir aussi bien de l’intérieur que de l’extérieure.


Ensuite, afin d’optimiser les jours de tournages, on remarquera qu’il y a beaucoup de plans effectués caméra à l’épaule, un procédé de plus en plus utilisé qui a pour inconvénient de filer souvent la migraine ou de priver l’action de lisibilité. En faisant preuve à la fois de maitrise et d’ingéniosité, l’équipe du film échappe à ses problèmes puisqu'on ne ressent aucune gène lors des séquences d’action et que, la plupart du temps, les mouvements de caméra sont fluides.


Un des aspects qui impressionnent le plus, ce sont les effets spéciaux qui, pour le coup, n’ont rien à envier aux productions américaines et se montrent même plus crédibles que dans certaines très grosses productions de par chez nous. Cet excellent travail, il semblerait que l’on le doive à Explore Studio sous la direction d’un certain
Romain Sosso. Que cela soit un avion qui se crashe, des effets optiques servant à faire apparaître les Djinns  ou d’autres effets que, pour l’intérêt de l’histoire, je ne peux vous divulguer, tout est parfaitement incrusté à l’image.



Les seuls problèmes de Djinns se situent dans son montage, qui  donne parfois l’impression de sauter d’une scène à une autre et de son très ambitieux scénario qui ne semble pas toujours arriver à bien gérer chacun de ses paramètres. Par exemple, on s’interroge un peu sur le pourquoi de l’attaque des Djinns et le fait qu’ils portent une attention particulière à Michel.  Qu’est-ce qui fait de lui un être si exceptionnel ? En quoi consiste le fait d'être le messager des Djinns ? Voici quelques interrogations parmi d'autres qui ne trouveront que des réponses partielles… et parfois aucune.



Le casting lui aussi apparaît comme un sans faute, comme avec Stéphane Debac. 

Cependant, si tous les acteurs font acte de très bonnes performances, Thierry Fremont se dégage du lot. Aussi impressionnant, dérangé que charismatique.  

L'acteur qui s'en tire à merveille est Saïd Taghmaoui

qui pouvait aisément tomber dans la caricature et qui y apporte, au contraire, une véritable profondeur à son personnage. On regrette même de ne pas le voir dans un rôle secondaire, tant son personnage est au final intéressant de par son approche.


Il est impossible de terminer cette chronique sans parler de
possède d'un côté une « vraie gueule » de cinéma et de l'autre un timbre de voix, des intonations qui paraissent vraiment justes et correspondent parfaitement au profil psychologique que l'on se fait du personnage (c'est pour ma part l'un des problèmes des acteurs français). L'autre acteur qui s'en tire à merveille estSiegfried Canto qui compose une musique très ambitieuse et contribuant énormément à l'atmosphère du film. Bien que certaines couleurs musicales puissent faire penser au travail de Brian Tyler sur « les enfants de Dune », on insistera plutôt sur le fait que le compositeur a essayé de se rapprocher des musiques du cinéma d'aventure. Le travail de Siegfried Canto est bien plus qu'une simple musique, mais bien un acteur du film, ce qui est assez rare dans le cinéma français pour être salué.

 

Scifi*Universe

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